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La police vietnamienne s’en prend au bonze de l’EBUV Thich Nhat Ban et vandalise sa pagode

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PARIS, 4 décembre 2008 (BIIB) – Le moine bouddhiste Thich Nhat Ban (73 ans) a été victime d’une agression où il a été battu, et sa pagode a été vandalisée du fait de sa fidélité à l’Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam (EBUV, Eglise historique, indépendante), qui est interdite de fait depuis 1981. Il est le Bonze Supérieur de la Pagode Ba La Mat et chef du Comité provincial de l’EBUV pour la province de Dong Nai (sud du pays). Dans un appel urgent envoyé au Patriarche de l’EBUV Thich Quang Do, et reçu par le Bureau International d’Information Bouddhiste (BIIB) aujourd’hui, Thich Nhat Ban rapporte que les vandales agissaient sur ordre de la police. Il en appelle à la communauté internationale pour que cessent ces violences.

Le Vénérable Thich Nhat Ban devant la Pagode Ba La Mat (12 février 2007)
Le Vénérable Thich Nhat Ban devant la Pagode Ba La Mat (12 février 2007)

Dans son témoignage, Thich Nhat Ban explique que le 29 novembre 2008, deux habitants des environs, MM. Mai Chi Cuong et Mai Gia Cu, ont fait irruption dans la cour de la Pagode Ba La Mat et commencé à insulter et à frapper les deux Bouddhistes qui repeignaient la façade. Ces deux individus, qui sont frères, se sont ensuite mis à vandaliser la pagode, cassant ce qui leur tombait sous la main et les jetant dans la cour. Ils ont recommencé les deux jours suivant (du 29 novembre au 1er décembre inclus). Selon Thich Nhat Ban, ils sont connus pour leurs liens avec la police. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’ils s’en prennent à Thich Nhat Ban et ont toujours bénéficié de la protection de la police. Au mois d’octobre 2008, les deux hommes avaient en effet forcé l’entrée de la Pagode Ba La Mat et brutalisé Thich Nhat Ban au visage et à la tête, provoquant de graves commotions.

« Ces attaques de la police contre moi par vandales interposés sont systématiques depuis des années simplement parce que je suis membre de l’EBUV. Aujourd’hui, je suis vieux et accablé par la maladie. Je subis la persécution et vis dans un état d’insécurité permanente ». Thich Nhat Ban dit avoir été battu de façon répétée ces derniers mois. Le 14 octobre 2008, alors qu’il rendait visite au village voisin de Chu Hai, 20 policiers l’ont arrêté et l’ont interrogé sans discontinu pendant 8 heures. S’il ne répondait pas immédiatement aux questions, ils le battaient jusqu’à ce qu’il s’évanouît. La police l’accusait de chercher à « inciter le peuple à troubler l’ordre public ». « Tu prétends représenter l’EBUV dans la province de Dong Nai, mais l’EBUV est illégale, notre gouvernement ne la reconnaît pas », disaient les policiers. Thich Nhat Ban a dit souffrir de maux de tête à la suite des coups reçus.

Le Vénérable Thich Nhat Ban à côté d’objets vandalisés dans la cour de la Pagode Ba La Mat (2 décembre 2008)
Le Vénérable Thich Nhat Ban à côté d’objets vandalisés dans la cour de la Pagode Ba La Mat (2 décembre 2008)

Thich Nhat Ban a déposé plainte auprès du bureau local du Front de la Patrie du Vietnam et du Bureau local des Affaires religieuses. Le 30 novembre, un groupe de cadres de la Sécurité est venu examiner les dégâts. Ils ont feint de dresser un constat mais ont refusé d’en délivrer une copie à Thich Nhat Ban et l’ont insulté.

Ces attaques ne sont que l’expression la plus récente d’une répression permanente contre Thich Nhat Ban (nom séculier Ho Buu Hoa) du fait de son soutien à l’EBUV. Il a passé 10 ans en camp de rééducation de 1975 à 1985. Après sa libération, il a vécu à la Pagode Ba La Mat, sur la Route 47 entre Saigon et la station balnéaire de Vung Tau. En 1991, la Sécurité vietnamienne a procédé à une descente à la Pagode Ba La Mat et a enchaîné Thich Nhat Ban à un arbre afin de le forcer à quitter la région et à renoncer à l’EBUV. Il avait refusé et avait en conséquence subi une longue suite d’interrogatoires et de menaces. En 1995, il a été condamné à 4 ans d’emprisonnement pour avoir participé à une mission d’aide humanitaire de l’EBUV en faveur des victimes des inondations menée par Thich Quang Do.

Blocs de pierres empilés par la Sécurité devant la Pagode Ba La Mat pour en barrer l’accès aux Bouddhistes (12 février 2007)
Blocs de pierres empilés par la Sécurité devant la Pagode Ba La Mat pour en barrer l’accès aux Bouddhistes (12 février 2007)

La répression policière s’est intensifiée après la nomination, en 2005, de Thich Nhat Ban au poste de chef du Comité provincial de l’EBUV de Dong Nai. Les Comité provinciaux sont des sections locales de l’EBUV chargées de fournir une aide humanitaire, éducative et spirituelle aux pauvres des provinces du sud et du centre du pays. Bien que l’EBUV soit interdite, Thich Quang Do a mis en place ces comités dès 2005 afin de donner à l’EBUV une existence de fait. Chaque fois qu’un comité à été créé, Thich Quang Do a informé les autorités locales et la police. En dépit de leurs activités non-violentes et humanitaires, les membres de ces comités sont presque tous l’objet de harcèlements, de menaces et d’interrogatoires policiers. Ils n’en continuent pas moins leurs activités humanitaires et ont déjà distribué des milliers de dollars de biens de première nécessité aux démunis dans de nombreuses régions, y compris les Hauts-Plateaux.

En février 2007, des vandales avaient fait irruption de nuit dans la Pagode Ba La Mat à plusieurs reprises et jeté des pierres contre le bâtiment. Thich Nhat Ban avait été sérieusement blessé et avait dû être hospitalisé. La police n’était pas intervenue en dépit des nombreuses plaintes déposées par Thich Nhat Ban. Dans la nuit du 11 février 2007, la Sécurité avait fermé à clef la porte de la Pagode Ba La Mat et barré l’entrée avec des blocs de pierre, interdisant à tous les Bouddhistes d’y entrer (voir la photo). En juillet 2008, Thich Nhat Ban avait tenté de se rendre dans la province de Binh Dinh pour les funérailles de feu le Patriarche Thich Huyen Quang, mais la police l’avait intercepté et ramené de force.


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