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Une délégation du Congrès américain rend visite au Patriarche-dissident bouddhiste Thich Quang Do au Vietnam

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PARIS, 7 mai 2015 (COMITÉ VIETNAM) – Lundi 4 mai, une délégation de membres du Congrès américain a rendu visite à Thich Quang Do, célèbre dissident et Patriarche de l’Église Bouddhique Unifiée du Vietnam (EBUV, Eglise historique, arbitrairement mise hors-la-loi en 1981), dans le Monastère Zen Thanh Minh à Saigon (Ho Chi Minh Ville), où il est assigné à résidence sans charge depuis 2003.

La délégation de 11 personnes était emmenée par Matt Salmon (Républicain), Président du Sous-Comité pour l’Asie-Pacifique du Comité des Affaires étrangères de la Chambre des Représentant (HFAC), et comptait notamment deux autres membres du HFAC, Tom Emmer (Républicain) et Alan Lowenthal (Démocrate), leurs assistants ainsi que les représentants du Consulat américain à Ho Chi Minh Ville.

The US delegation outside Thanh Minh Zen Monastery - From left to right: Rep. Tom Emmer, Rep. Matt Salmon, Venerable Thich Quang Do and Rep. Alan Lowenthal      
The US delegation outside Thanh Minh Zen Monastery – From left to right: Rep. Tom Emmer, Rep. Matt Salmon, Venerable Thich Quang Do and Rep. Alan Lowenthal
     

Parmi ses remarques à l’intention de la délégation américaine, Thich Quang Do, âgé de 87 ans et ayant passé les trois dernières décennies en exil intérieur, en prison et en résidence surveillée pour s’être fait l’avocat de la liberté religieuse, de la démocratie et des droits de l’Homme, s’est félicité de cette visite : « Pour quelqu’un qui a passé tant d’années en détention, votre visite a une profonde signification. Ce n’est pas seulement réconfortant de savoir que je n’ai pas sombré dans l’oubli, mais cela envoie un message très fort aux autorités vietnamiennes. Elles continuent à me détenir en résidence surveillée, à m’isoler et à me priver de toutes les libertés fondamentales dans le but d’étouffer ma voix. Votre visite aujourd’hui leur signifie clairement leur échec ».

Commentant les relations entre les États-Unis et le Vietnam, qui ont été normalisées il y a tout juste 20 ans, Thich Quang Do a noté que 40 ans après la fin de la guerre du Vietnam, les relations américano-vietnamiennes restaient complexes : « Elles offrent de grandes opportunités mais présentent aussi de grands défis ». Le Patriarche de l’EBUV a toutefois exprimé sa conviction que « c’est un moment crucial pour nos deux pays, un moment où les États-Unis peuvent vraiment faire la différence ».

« L’Asie est une priorité de la politique étrangère américaine. Comme le Vietnam cherche à jouer un plus grand rôle sur la scène régionale et internationale, il a besoin du soutien des États-Unis et du Partenariat Trans-Pacifique (TPP) pour relancer son économie atone. Les dirigeants communistes espèrent qu’ils peuvent le faire sans réformes politiques — ils prétendent qu’ils « construisent la démocratie dans l’État à Parti unique ». Mais cette politique de libéralisation économique sans réforme politique est désastreuse, aboutit à d’effrayantes inégalités sociales et disparités des richesses. Sans la démocratie, le pluralisme et les droits de l’Homme, nous ne pourrons jamais édifier une société juste, sûre et pacifique au Vietnam ».

« Je crois que les États-Unis possèdent de véritables leviers pour aider à mettre le Vietnam sur la voie des réformes. En continuant de faire des droits de l’Homme la pierre angulaire de l’engagement américain, vous pouvez insister auprès des dirigeants vietnamiens sur le fait qu’ils ne pourront jouir de l’ensemble des avantages des relations économiques s’ils répriment les droits fondamentaux de leurs citoyens », a-t-il dit à la délégation.

Le Patriarche-dissident bouddhiste a souligné l’importance de la liberté religieuse au Vietnam, non seulement en tant que droit fondamental, mais également comme la « clef de la démocratisation du Vietnam ». Il a applaudi le rapport de la Commission américaine sur la Liberté Religieuse Internationale (USCIRF) rendu public la semaine dernière et sa recommandation de placer le Vietnam sur la liste des « Pays Particulièrement Préoccupants » [en matière de liberté religieuse] pour les violations flagrantes de la liberté de religion.

« Je crois que le soutien des États-Unis à la liberté religieuse au Vietnam en général, et au Bouddhisme en particulier, peut avoir un impact profond et durable sur notre région. A l’ère du terrorisme global, où l’extrémisme religieux est au cœur de tant de conflits, la présence d’une philosophie pacifique et tolérante comme le Bouddhisme peut très grandement contribuer au maintien de la stabilité et de l’harmonie dans la région Asie-Pacifique ».

Thich Quang Do a présenté à la délégation Le Cong Cau, chef du Mouvement Bouddhiste de la Jeunesse (affilié à l’EBUV) et Secrétaire-général de l’EBUV, qui était venu de Hué pour assister à la réunion. Le Cong Cau a brièvement exposé les trois phases de la répression gouvernementale contre l’EBUV durant les 40 dernières années. Le Vietnam a commencé par une très brutale répression en 1975 contre l’EBUV, avec la détention et le meurtre de nombreux dignitaires de l’EBUV. Puis le régime vietnamien a cherché à placer le Bouddhisme sous le contrôle de l’État en mettant en place en 1981 une Église d’État, le « Sangha Bouddhiste du Vietnam », qui devait supplanter l’EBUV. Le Cong Cau a expliqué que la troisième phase, actuellement en cours, consiste en une politique plus subtile et plus sophistiquée d’infiltration de l’EBUV visant à « diviser pour régner », d’isolement des dignitaires de l’EBUV, d’intimidation policière pour créer un climat de peur, où les Bouddhistes sont menacés de perdre leur emploi et leurs enfants d’être expulsés de l’école s’ils persistent à rester fidèle à l’EBUV.

La délégation américaine a demandé à Le Cong Cau quelle était l’opinion de l’EBUV sur le projet de « loi sur la croyance et la religion », que le Bureau du Gouvernement des Affaires Religieuses fait actuellement circuler pour sonder l’opinion des groupes religieux. Il a répondu que « cette nouvelle loi n’apporte aucune amélioration. Le gouvernement vietnamien est hostile aux religions. Il reconnaît que les religions sont une composante incontournable de la psyché du peuple, mais il a peur des mouvements religieux qui pourraient défier l’autorité du Parti Communiste. Le régime actuel n’autorisera jamais une véritable liberté religieuse au Vietnam ».

Le Congressman Alan Lowenthal a informé Thich Quang Do qu’il représentait la plus importante communauté vietnamienne en dehors du Vietnam, celle de Little Saigon en Californie. Il lui a dit qu’il avait été très ému de rencontrer une personnalité comme lui qui était reconnue internationalement pour son rôle dans le mouvement en faveur des droits de l’Homme et de la liberté religieuse au Vietnam. Le Congressman Lowenthal a promis d’informer les habitants de sa circonscription sur la situation de Thich Quang Do et du mouvement pour la liberté et la démocratie au Vietnam.

Thich Quang Do a remis à la délégation américaine un Mémorandum de 8 pages intitulé « 40 ans de répression contre l’Église Bouddhique Unifiée du Vietnam ».

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