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RFI : Vietnam, cultes sous surveillance

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Pour la première fois depuis 1975, une rencontre entre un dirigeant vietnamien, le Premier ministre Phan Van Khai et le vénérable Thich Huyen Quang s’est tenue à Hanoi. Ce geste n’aura sans doute pas de conséquence majeure dans l’immédiat. En recevant à Hanoi le plus célèbre dissident bouddhiste du pays, le pouvoir vietnamien cherche surtout à redorer son image auprès de la communauté internationale. Celle-ci fait une pression permanente sur le régime communiste pour qu’il respecte les droits de l’homme. Le 12 mars dernier, par exemple, une délégation de l’Union européenne a rendu visite au patriarche de l’Eglise bouddhiste unifiée, hospitalisé à Hanoi, avant de rencontrer les autorités vietnamiennes pour évoquer sa libération.

Ce geste donne également un coup de projecteur sur les complexes relations entre le pouvoir vietnamien et les cultes, en l’occurrence, le bouddhisme.

Au terme d’une guerre longue et cruelle, le Vietnam du Sud, soutenu par les Etats-Unis, a été conquis par le Nord, aidé par l’Union soviétique et la Chine. Après la réunification du pays, en 1975, un pouvoir marxiste-léniniste s’est installé à Hanoi. Dès ses premières années, ce pouvoir communiste a interdit les pratiques religieuses. Entre 1975 et 1987, de grands procès ont eu lieu et des prêtres catholiques ont été condamnés. Avec le bouddhisme, le pouvoir a choisi une autre méthode : il a interdit l’église bouddhiste unifiée et a mis en place en 1981 une église officielle. Les principaux dignitaires de l’église interdite ont choisi alors la dissidence et la contestation ouverte du régime.

Même s’il était perçu par les autorités communistes vietnamiennes comme un obstacle et un ennemi, le bouddhisme a fait l’objet de ce traitement particulier parce qu’il est majoritaire dans le pays. Le bouddhisme mahayana venu de Chine et non de l’Inde comme le bouddhisme hinayana, du Laos, du Cambodge, de la Birmanie et de la Thaïlande est pratiqué par 70% des vietnamiens.

De plus, les bouddhistes avaient été le fer de lance de la contestation dans les années 60 et cette tradition de contestation aurait pu se retourner un jour contre le régime communiste. D’où le contrôle de l’église bouddhiste par l’Etat. Aujourd’hui, la poignée de main du vénérable Thich Huyen Quang et du Premier ministre Phan Van Khai vient démontrer que le pouvoir est sûr de lui et peut ainsi faire un geste qui ne lui coûte pas cher.

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