
ROME, 19 septembre 2026 (VCHR) – Le Comité Vietnam pour la défense des droits de l’Homme (VCHR) se joint aux membres du Parlement italien, aux anciens membres du Parlement européen, aux amis et au militants de la démocratie du monde entier réunis aujourd’hui à Rome pour honorer la mémoire d’Olivier Dupuis, ancien Secrétaire-général du Parti Transnational Radical italien (TRP), ancien député européen et défenseur tout au long de sa vie de la liberté, de la démocratie et des droits de l’Homme.
Né à Ath, en Belgique, Olivier Dupuis est décédé à Bruxelles le 4 mai 2026 d’un cancer du pancréas à l’âge de 67 ans.
Adepte de la non-violence et de la désobéissance civile, il a voué sa vie au combat pour les droits civiques et la démocratie dans le monde, soutenant les mouvements dissidents, les peuples autochtones et les victimes de l’oppression en Europe de l’Est, en Tchétchénie, au Tibet, au Xinjiang, en Chine, en Asie du Sud-est et ailleurs.
Son activisme politique n’était as sans risque et il avait été arrêté dans de nombreux pays, y compris au Vietnam. Dans une vidéo projetée lors de la cérémonie en sa mémoire à Rome aujourd’hui, le VCHR a fait revivre le souvenir de sa spectaculaire manifestation, en 2001, devant le Monastère Zen Thanh Minh à Ho Chi Minh ville, où le dissident bouddhiste Thích Quảng Độ se trouvait en résidence surveillée. Ce fut la toute première manifestation par un Occidental dans le Vietnam communiste.
« L’action d’Olivier Dupuis a marqué un tournant dans le mouvement pour les droits de l’Homme, la démocratie et la liberté de religion au Vietnam », a dit la Présidente du VCHR Penelope Faulkner. « À une époque où le Vietnam était perçu comme un paradis touristique et un eldorado économique, Dupuis a dévoilé la sombre réalité du terrain. Si la Sécurité du régime de Hanoi n’a pas hésité à arrêter, interroger et expulser du pays un éminent député européen pour le simple fait d’avoir manifesté pacifiquement, quel traitement réserve-t-elle aux Vietnamiens ordinaires ? La communauté internationale ne pouvait plus dire qu’elle ne savait pas ».
Olivier Dupuis était allé au Vietnam à la demande de Võ Văn Ái, Président du VCHR d’alors. Le plan était d’accompagner Thích Quảng Độ, numéro deux de l’Église bouddhique unifiée du Vietnam (EBUV), dans son voyage vers Quang Ngai (Centre du Vietnam) afin de ramener le Patriarche de l’EBUV Thích Huyền Quang à Ho Chi Minh Ville pour des soins médicaux d’urgence. Dans la mesure où les deux bonzes étaient assignés à résidence, ils risquaient l’arrestation et de lourdes peines de prison s’ils voyageaient seuls.
Dupuis et Võ Văn Ái s’accordaient à penser que la présence d’un député européen à leurs côtés attirerait l’attention sur leur situation, procurerait une forme de protection et alerterait l’opinion internationale sur la brutale répression du régime de Hanoi contre toute voix dissidente. À son arrivée au Vietnam, Dupuis dit aux médias : « Ma présence ici en tant que citoyen européen et Secrétaire-général du TRP est un acte de solidarité avec tous ceux qui, en Asie en général et au Vietnam en particulier, luttent depuis des décennies pour l’établissement d’un État de droit, de la démocratie et des libertés fondamentales ».
Malheureusement, lorsque Dupuis est entré dans le Monastère Zen Thanh Minh à 8h00 du matin, le 6 juin 2001, il fut empêché de rencontrer Thích Quảng Độ. La police enferma le bonze dans sa chambre et des agents en civil entravèrent chacun des mouvements d’Olivier Dupuis. Il fut finalement obligé de quitter les lieux sans avoir pu rencontrer Thích Quảng Độ.
En protestation, il manifesta devant le monastère en brandissant des pancartes en vietnamien proclamant « Libérez le Vénérable Thích Huyền Quảng », « Libérez le Vénérable Thích Quảng Độ » et « Liberté religieuse au Vietnam ». Son assistant, Martin Schulthes, qui filma la scène jusqu’à ce que la police ne saisît sa caméra, rapporta que des centaines de personnes furent témoins de la manifestation avant que les deux hommes ne fussent arrêtés, interrogés pendant plusieurs heures et finalement expulsés du Vietnam.
Olivier Dupuis a soutenu la cause de la démocratie au Vietnam durant tous ses mandats au Parlement européen, de 1996 à 2004. Il fut le fer de lance de plusieurs résolutions clefs sur le Vietnam, dont la « Résolution sur la liberté de religion » de novembre 2003 qui condamnait la répression contre l’EBUV et toutes les autres communautés religieuses, parmi lesquelles les Montagnards protestants, les Catholiques et les Bouddhistes Hoa Hao. La veille de cette résolution, un texte similaire était adopté par le Congrès américain (House Resolution 427). Olivier Dupuis a également été un des nombreux députés européens à proposer Thích Quảng Độ pour le Prix Nobel de la Paix.

« Olivier Dupuis était un vrai ami du Vietnam et une source d’inspiration pour nous tous. Il nous manquera profondément », a dit Penelope Faulkner. Sur le site dédié « Mémorial d’Olivier », dévoilé lors de l’événement de Rome d’aujourd’hui, le poète et chanteur belge Julos Beaucarné a dit de lui : « Olivier Dupuis est l’un de ces hommes-saumons qui nagent à contre-courant des idées conventionnelles ». C’est la parfaite description de l’homme que le VCHR a eu l’honneur de connaître.
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Quê Me Quê Me: Action for democracy in Vietnam & Vietnam Committee on Human Rights